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Célébration de l’attaque de Mers el-Kébir, le 3 juillet 2019

Le 3 juillet 2019, une cérémonie en mémoire des victimes de l’attaque de Mers el-Kébir (3-6 juillet 1940) présidée par le Consul général de France à Oran, avec le soutien du Service des anciens combattants près l’Ambassade de France en Algérie et de l’Institut français à Oran, s’est déroulée en présence d’invités algériens, d’élus consulaires et d’un public d’invités de différentes générations.

Monsieur le Président de l’APC,

Mesdames et Messieurs les élus consulaires,

Chers collègues,

Mesdames et Messieurs,

 

Comme chaque année, nous sommes réunis dans ce carré militaire de Mers-el-Kébir pour honorer la mémoire des victimes d’un des épisodes les plus tragiques de la Seconde guerre mondiale, celui qui s’est écrit ici, à Mers el-Kébir, entre le 3 et le 6 juillet 1940.

Souvenons-nous, la marine anglaise, face aux tergiversations du régime de Vichy, et craignant que la flotte française ne soit réquisitionnée par l’armée allemande, attaqua les bâtiments français accostés ici. En moins de 20 minutes, 1297 marins ont trouvé la mort, dont 997 à bord du seul cuirassé le Bretagne. 350 soldats furent également blessés.

 

Cette tragédie a causé une émotion considérable, jusqu’au général de Gaulle, qui venant de prononcer le 18 juin 1940 le fameux appel depuis Londres, évoquait lui-même une « canonnade fratricide ». Mais passé l’incompréhension et la douleur, c’est un sentiment de lucidité et de réalisme qui a amené à poursuivre le combat aux cotés de l’allié anglais pour la victoire et la délivrance.  Car c’est en effet l’apanage des grands pays et des grands peuples que de retrouver la quiétude, la paix et l’harmonie après les terribles déchirements.

Aussi, alors qu’une cérémonie se tient également en France, grâce à l’Association des anciens marins et des familles des victimes de Mers el Kébir, nous sommes ici réunis pour nous rappeler à la mémoire des victimes de ce passé douloureux et dire que nous n’oublions pas le sacrifice de ces hommes. Cet épisode tragique, vous n’êtes que quelques-uns ici présents à l’avoir connu, mais c’est notre devoir, à toutes les générations, de continuer à honorer la mémoire de ceux qui sont morts ici, piégés par les complexités de Histoire. Soyez assurés que nous continuerons toujours à honorer cette mémoire.

Aussi, je veux évoquer ici la personne de Monsieur B, aujourd’hui âgé de 99 ans, qui ne peut être présent cette année pour cette cérémonie avec nous. Second-maître sur la Puissante, ce valeureux marin a secouru des dizaines de marins et participé aux opérations de sauvetage durant les terribles bombardements. Pour cet acte de bravoure et de fraternité, Monsieur B a été récemment distingué de l’ordre national de la Légion d’Honneur, ici même à Oran. Nous pensons à l’exemple qu’il continue de donner, comme passeur de mémoire notamment auprès des jeunes générations. A son image, n’oublions pas que des civils de la localité de Mers el Kebir ont également prêté assistance aux victimes.

Je vais à présent déposer une gerbe de fleurs. Elle est à la fois un hommage à la mémoire des victimes, et un message de paix et d’espoir pour que de telles tragédies ne se reproduisent plus.

Le service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre soutient la Journée pour la Paix, le 11 novembre 2018

Le service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre près l’Ambassade de France en Algérie a contribué à l’organisation de la « Journée pour la paix » qui s’est déroulée au Lycée international Alexandre Dumas (LIAD) à Alger, le 11 novembre 2018 et qui a rassemblé des diplomates de différentes ambassades représentées en Algérie, des élèves de plusieurs nationalités ainsi que des représentants de la société civile.

@TSA

Afin d’incarner le sentiment intergénérationnel autour du thème de la paix, le Service de l’ONACVG a soutenu cet évènement en faisant réaliser la plaque qui a été inaugurée en cette année du Centenaire de l’Armistice, en mettant à disposition du LIAD l’exposition sur « l’Algérie et la Grande Guerre, éclats de vies » et par la distribution du Bleuet de France aux élèves et invités.

Le matin, des ateliers pédagogiques se sont déroulés au Lycée international Alexandre Dumas, animés par M Abderahmen MOUMEN, chercheur et historien à l’ONACVG, à l’invitation du Service des anciens combattants et victimes de guerre.

 

Commémoration à Oran du Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918

Le 11 novembre 2018, s’est déroulée au Cimetière militaire de Petit lac à Oran une cérémonie commémorative du Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, présidée par le Consul Général de France à Oran, en présence du Wali de la Wilaya d’Oran, du Président de l’APC d’Oran, du Chef de la Région militaire d’Oran, de conseillers consulaires et présidents d’associations représentatives de la communauté française, d’anciens combattants, veuves et pupilles de la Nation, d’élèves du Lycée Pasteur et de l’École française ainsi que de nombreux invités. Cette cérémonie organisée par le Service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre près l’Ambassade de France, la Mission de Défense et l’Institut français d’Oran s’est poursuivie par l’inauguration d’une exposition consacrée à un tirailleur algérien de la Première guerre mondiale, « le héros oublié, itinéraire de Tahar Benchabane », réalisée en collaboration avec M. Abdelkrim Miski, collectionneur, la lecture de lettres de soldats par les élèves de l’École française d’Oran et une remise de décorations à un vétéran algérien de la seconde guerre mondiale à l’Institut français d’Oran.

 

 

 

 

Discours du 11 novembre 2018 du Consul Général de France à Oran

à l’occasion du Centenaire de l’Armistice

Cimetière de Petit Lac

 

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Monsieur le Wali d’ORAN

Monsieur le Président de l’APW

Monsieur le Président  de l’APC d’ORAN

M le Président  de l’APC de Mers El Kebir

M le Président de l’APC de Sidi Bel Abbes

Monseigneur Monsieur l’Evêque d’ORAN

Monsieur l’imam de la Grande Mosquée

Madame Messieurs les élus consulaires

Messieurs les Anciens Combattants

Monsieur le Représentant du service des anciens combattants et victimes de Guerre

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde associatif

Chers élèves,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis particulièrement ému de vous accueillir ici à Oran au Cimetière de Petit Lac pour célébrer le centenaire de la Victoire de la Paix, comme M. l’Ambassadeur de France, au côté de son homologue allemand et des autorités algériennes le fait au cimetière de Bologhine à Alger, pour rendre hommage au sacrifice de ces millions de soldats morts durant ce premier conflit mondial.

 

Ainsi  souvenons nous ! il y a 100 ans prenait fin ce conflit terrible,

terrible par ses souffrances

terrible par les sacrifices consentis

terrible par les blessures qu’il imprima à l’histoire et au 20èeme siècle débutant.

 

Ces sacrifices ces blessures sont l’occasion de rendre hommage jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de l’hommage à tous les morts pour la France, Français et Algériens.

 

En ce jour du Souvenir, la France exprime tout particulièrement sa gratitude aux 175 000 soldats algériens qui ont pris une part déterminante à ce premier conflit global du XXème siècle, et dont 26 000 tués et disparus n’ont pas retrouvé leur terre natale. Nous n’oublions pas que la contribution de l’Algérie à l’effort de guerre fut également économique grâce à l’envoi de céréales, de denrées diverses et l’apport de milliers de travailleurs dans les usines de métropole. Vingt ans plus tard, une autre tragédie mondiale, tout aussi dévastatrice, entrainera une nouvelle génération de combattants venus d’Algérie. Ces soldats ont écrit, par leur combats une page de l’histoire de la France et de l’Algérie, qui confère un caractère singulier et indissociable aux relations entre nos deux pays. Aujourd’hui, cette génération du feu s’éteint progressivement, aussi rendons hommage à leur mémoire et à leur abnégation.

 

La présence des autorités de la Wilaya  rehausse l’hommage rendu à Oran, au sacrifice de nos deux peuples.

 

Je voudrais aussi saluer la présence des écoliers français et algériens et souligner l’importance du devoir de mémoire pour les jeunes générations.

 

Permettez-moi à présent de lire quelques extraits du discours du Président de la République M. Emmanuel MACRON, à cette occasion.

 

« Un siècle.
Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.
A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes. Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et déchiraient les ciels les plus calmes. Ses champs de bataille éventrés et la mort, omniprésente.
Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la France. Depuis Compiègne où l’Armistice a été signé à l’aube, il se propage jusqu’aux champs de bataille.
Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.
Enfin, le vacarme funeste des canons laisse place à la clameur allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons, d’esplanades de grandes villes en places de villages.
Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et de ses alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !
Mais partout, aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là, comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et partout on voit défiler des cortèges de mutilés et de gueules cassées ».

 

Je voudrais enfin terminer en rappelant le respect que les Français d’Oran portent à tous ceux qui se sont battus durant cette guerre, tout comme la seconde.

 

Certains ont fait pour cette cause le sacrifice de leur jeunesse, de leur santé et souvent de leur vie. Ils l’ont fait pour nous assurer un monde meilleur, plus pacifique.

 

Français et Algériens unis dans le sacrifice.

 

En votre nom à tous, je les en remercie et les assure de notre reconnaissance et de notre respect.

 

 

و الان اود لو تغيرت الى العربية لنشرف تضحية جنودنا الفرنسين و الجزائرين الجزائرين و الفرنسين

 

 

خلال هذه الحرب العالمية الرهيبة

 

 فلن ننساهم و لن ينسىهم اطفالنا

 

 

 

[Je voudrais maintenant dire en arabe que nous honorons le sacrifice de nos soldats, français et algériens, algériens et français, au cours de cette première guerre mondiale terrible pour ne pas les oublier et que nos enfants de les oublient pas]

 

Vive l’amitié franco-algérienne ! [تحيى الصداقة الفرنسية الجزائرية]

 

 

Je vous remercie./.

Commémoration à Alger du Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918

Le 11 novembre 2018, s’est déroulée au cimetière chrétien de Bologhine à Alger, une cérémonie commémorative pour le Centenaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, présidée par l’Ambassadeur de France en Algérie, son homologue de la République fédérale d’Allemagne et le représentant de la Wilaya d’Alger, en présence d’autorités civiles et militaires algériennes, ainsi que des conseillers consulaires et présidents d’associations représentatives de la communauté française, d’anciens combattants, veuves et pupilles de la Nation, d’élèves du Lycée international Alexandre Dumas d’Alger, des chefs de services de l’Ambassade de France et des agents du Service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre et de la Mission de Défense, ainsi que de nombreux invités. Cette cérémonie internationale s’est poursuivie par un hommage aux morts pour la France inhumés dans le carré israélite en présence du représentant du Consistoire.

 

 

Message du Président de la République, Emmanuel MACRON

 

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Un siècle.
Un siècle que l’Armistice du 11 novembre 1918 est venu mettre un terme aux combats fratricides de la Première Guerre mondiale.
A cet affrontement interminable nation contre nation, peuple contre peuple. Avec ses tranchées pleines de boue, de sang et de larmes. Ses orages de feu et d’acier qui grondaient par tous les temps et déchiraient les ciels les plus calmes. Ses champs de bataille éventrés et la mort, omniprésente.
Le 11 novembre 1918, un grand soupir de soulagement traverse la France. Depuis Compiègne où l’Armistice a été signé à l’aube, il se propage jusqu’aux champs de bataille.
Enfin, après quatre interminables années de bruit et de fureur, de nuit et de terreur, les armes se taisent sur le front occidental.
Enfin, le vacarme funeste des canons laisse place à la clameur allègre qui s’élève de volées de cloches en sonneries de clairons, d’esplanades de grandes villes en places de villages.
Partout, on célèbre alors avec fierté la victoire de la France et de ses alliés. Nos poilus ne se sont pas battus pour rien ; ils ne sont pas morts en vain : la patrie est sauvée, la paix, enfin, va revenir !
Mais partout, aussi, on constate le gâchis et on éprouve d’autant plus le deuil : là, un fils pleure son père ; ici, un père pleure son fils ; là, comme ailleurs, une veuve pleure son mari. Et partout on voit défiler des cortèges de mutilés et de gueules cassées.
Françaises, Français, dans chacune de nos villes et dans chacun de nos villages, Françaises et Français de toutes générations et de tous horizons, nous voilà rassemblés en ce 11 novembre.
Pour commémorer la Victoire. Mais aussi pour célébrer la Paix.
Nous sommes réunis dans nos communes, devant nos monuments aux morts, pour rendre hommage et dire notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont défendu hier mais aussi à ceux qui nous défendent aujourd’hui, jusqu’au sacrifice de leur vie.
Nous nous souvenons de nos poilus, morts pour la France. De nos civils, dont beaucoup ont aussi perdu la vie. De nos soldats marqués à jamais dans leur chair et dans leur esprit. De nos villages détruits, de nos villes dévastées.
Nous nous souvenons aussi de la souffrance et de l’honneur de tous ceux qui ont quitté leur terre et sont venus d’Afrique, du Pacifique et d’Amérique sur ce sol de France qu’ils n’avaient jamais vu et qu’ils ont pourtant vaillamment défendu.
Nous nous souvenons de la souffrance et de l’honneur des dix millions de combattants de tous les pays qui ont été envoyés dans ces combats terribles.
Françaises, Français, nous sommes aussi unis en ce jour dans la conscience de notre histoire et dans le refus de sa répétition.
Car le siècle qui nous sépare des terribles sacrifices des femmes et des hommes de 14-18 nous a appris la grande précarité de la Paix.
Nous savons avec quelle force, les nationalismes, les totalitarismes, peuvent emporter les démocraties et mettre en péril l’idée même de civilisation.
Nous savons avec quelle célérité l’ordre multilatéral peut soudain s’écrouler.
Nous savons que l’Europe unie, forgée autour de la réconciliation de la France et de l’Allemagne, est un bien plus fragile que jamais.
Vigilance ! Tel est le sentiment que doit nous inspirer le souvenir de l’effroyable hécatombe de la Grande Guerre.
Ainsi serons-nous dignes de la mémoire de celles et ceux qui, il y a un siècle, sont tombés. Ainsi serons-nous dignes du sacrifice de celles et ceux qui, aujourd’hui, font que nous nous tenons là, unis, en peuple libre.

Vive l’Europe en paix !
Vive la République !
Et vive la France !

Table ronde « histoire-mémoire(s) » au Lycée international Alexandre Dumas

 

Dans le cadre de la semaine des lycées français de l’étranger, Monsieur Yahia Brahimi, ancien combattant, a rencontré les élèves du Lycée international Alexandre Dumas (LiAD) pour témoigner de son parcours de vétéran de la Seconde Guerre mondiale et en particulier de l’attaque de Mers-el-Kébir près d’Oran (3-6 juillet 1940) durant laquelle il a pris personnellement part au sauvetage d’un grand nombre de marins. Cet échange intergénérationnel a constitué un moment instructif et plein d’émotion.

Cérémonie internationale du souvenir à Alger

Le 11 novembre 2017, une cérémonie internationale en commémoration de l’armistice de la Grande Guerre s’est déroulée au Cimetière de Bologhine d’Alger, sous la présidence de l’Ambassadeur de France et de son homologue allemand, en présence d’autorités militaires et civiles algériennes, d’anciens combattants, veuves et pupilles, des représentants des services de l’Ambassade de France, des conseillers consulaires et présidents d’associations représentatives de la Communauté française ainsi que de nombreux invités parmi lesquels des élèves du Lycée international Alexandre Dumas. Placée sous le signe de la réconciliation franco-allemande, comme à Constantine en 2015 et à Oran en 2016, cette manifestation a été l’occasion de rappeler que près de 175 000 soldats algériens combattirent durant ce conflit et que 25 000 d’entre eux y perdirent la vie.

 

 

Allocution de M. Xavier DRIENCOURT

Ambassadeur,

Haut Représentant de la République Française en Algérie

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Journée du SOUVENIR

Commémoration franco-germano-algérienne

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Cimetière de Bologhine

samedi 11 novembre 2017

Monsieur le Wali,

Monsieur le Président de l’Assemblée populaire communale d’Alger

Monsieur l’Ambassadeur d’Allemagne, cher collègue,

Monsieur le Consul Général de France à Alger,

Monseigneur et Messieurs les représentants des cultes,

Messieurs les Officiers supérieurs et Attachés de Défense,

Mesdames et Messieurs les Conseillers consulaires et présidents d’associations,

Mesdames et Messieurs les anciens combattants, veuves et pupilles de la Nation,

Chers élèves,

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis en ce samedi 11 novembre 2017 pour nous souvenir, rendre hommage aux morts pour la France de toutes les guerres et commémorer le 99ème anniversaire de l’Armistice de 1918 qui mit un terme, après plus de 4 ans d’atroces combats, à l’un des pires conflits de l’histoire de  l’Humanité.

Plus de 60 millions de soldats participèrent à cette guerre mondiale dont l’échelle et l’intensité n’avaient jamais été atteints jusqu’alors, avec de terribles conséquences pour les pays belligérants. Outre des dévastations considérables tant dans les villes que dans les campagnes, les générations sacrifiées provoquèrent des séquelles démographiques profondes et durables ; 9 millions de soldats périrent et 20 millions furent blessés et parfois gravement mutilés.

En ce jour du Souvenir, j’ai une pensée émue pour tous les anciens combattants de cette tragédie humaine.

En ce jour mémoire, j’exprime ma gratitude envers ces anciens combattants, qui étaient de jeunes hommes venus de tous les continents et précipités dans ce drame sans précédent.

En ce jour du 11 novembre, la République française n’oubliera jamais les 175 000 soldats, sous-officiers et officiers algériens qui furent présents, entre 1914 et 1918, sur tous les champs de bataille jusqu’au front d’Orient ; 25 000 de ces héroïques combattants perdirent  la vie et sont inhumés dans nos nécropoles militaires.

Elle n’oubliera pas non plus le sacrifice des soldats algériens au cours de la 2nde Guerre mondiale et leur contribution à la reconquête de la liberté. Certains d’entre eux sont parmi nous et je leur adresse ma profonde reconnaissance.

Ces pages d’histoire commune à l’Algérie et à la France représentent une part importante de la mémoire partagée qui nous unit et constitue le socle de notre relation bilatérale d’aujourd’hui.

Ce matin, nous sommes réunis avec mon collègue allemand pour un hommage rendu en commun aux morts, à tous les morts, notamment ceux de la 1ère Guerre mondiale dont le cycle du Centenaire va s’achever l’année prochaine.

Et pourtant, par le passé, il n’y a pas eu deux nations dans le monde qui se sont autant affrontées que les nôtres ! Mais, après tant de conflits, la France et l’Allemagne se sont réconciliées, dépassant les haines et les rancunes ; depuis le Chancelier ADENAUER et le Général DE GAULLE, fondateurs de cette réconciliation, jusqu’à la rencontre, en 2014, de nos Présidents respectifs dans la cité martyre d’Oradour sur Glane, que de chemin parcouru pour bâtir une relation exceptionnelle d’amitié, véritable moteur de l’Europe. Ce processus de réconciliation démontre que la volonté peut toujours triompher de la fatalité et que le ressentiment peut s’effacer afin de construire ensemble le monde de demain.

Aujourd’hui, alors que tous les acteurs et témoins du 1er conflit mondial ont disparu, alors qu’il ne subsiste que des écrits, des archives audiovisuelles, des monuments de pierre et des sites marqués à jamais par les déchaînements de violence engendrés par la guerre, les commémorations, comme celle qui nous rassemble à Alger, sont plus que jamais indispensables pour se souvenir et tirer les enseignements du passé.

La mobilisation des jeunes est également nécessaire pour assurer la fonction de passeurs de mémoire entre les générations ;

A cet égard, je salue les élèves et enseignants présents, en insistant sur le rôle fondamental qui incombe à la communauté éducative pour relever les enjeux mémoriels et contribuer à la transmission de notre histoire commune. La diffusion dans des établissements scolaires et des mairies en France, tout au long de cette année, de l’exposition « l’Algérie et la Grande Guerre, éclats de vie » réalisée par le lycée international Alexandre Dumas et qui a rencontré un très grand succès, ne peut que faciliter une meilleure compréhension de cette mémoire partagée, de part et d’autre de la Méditerranée.

Si vous me le permettez, j’aimerais à présent rappeler les mots du président BOUTEFLIKA, à l’occasion de la fête nationale française du 14 juillet 2014 qui comportait une participation historique de trois officiers de la Garde Républicaine algérienne au défilé des Champs-Elysées, je cite: «  En décidant de rendre hommage aux milliers de victimes algériennes de la 1ère Guerre mondiale, à l’occasion de ces célébrations du 14 juillet, vous avez su Monsieur le Président, reconnaître les sacrifices du peuple algérien et son attachement aux idéaux de liberté qui lui ont permis de recouvrer chèrement son indépendance et sa souveraineté et de participer au recouvrement de la liberté du peuple français…Cette reconnaissance des sacrifices du peuple algérien nous conforte dans notre élan partagé de construire, entre nos deux pays, un partenariat d’exception qui répond à nos intérêts mutuels et aux attentes de nos deux peuples… ».

Votre présence à nos côtés, Monsieur le Wali donne un sens supplémentaire à la cérémonie d’aujourd’hui et symbolise cette relation d’exception que nous nous efforçons de bâtir pour relever ensemble de multiples défis et lutter contre les menaces qui bouleversent la région et le monde.

En renouvelant la reconnaissance et la gratitude de la France à l’égard des anciens combattants qui nous entourent, je remercie également toute l’assistance ici présente.

Votre participation à un hommage aux soldats de toutes les guerres, quel que soit leur drapeau, leur religion ou leur nationalité, symbolise la quête permanente de paix et de fraternité universelle qui doit nous guider pour construire un monde meilleur.

Algériens, Français, Allemands, nos histoires croisées sont faites de combats menés côte à côte mais aussi de batailles qui nous ont opposés, autant de sujets mémoriels que nous devons appréhender ensemble avec lucidité pour préparer l’avenir.

Vive l’amitié franco-algérienne !

Vive l’amitié franco-allemande !

Cérémonie du souvenir 2017 à Oran

Le 11 novembre 2017, s’est déroulée à Oran une cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre 1918, sous la présidence du Consul général de France à Oran en présence d’autorités civiles et militaires algériennes, de conseillers consulaires et présidents d’associations représentatives de la Communauté française et de nombreux invités dont des élèves de l’École française d’Oran. Cette manifestation, qui a rassemblé des anciens combattants, des veuves et pupilles, a permis de rendre hommage aux quelques 175 000 soldats algériens qui combattirent durant la Grande Guerre et dont 25 000 d’entre eux y perdirent la vie.

 

 

DISCOURS DU 11 NOVEMBRE 2017

Cimetière du Petit Lac

 

 

 

Monsieur le Wali d’ORAN

Monsieur le Représentant de l’APC d’ORAN

Monsieur l’imam de la Mosquée Ibn Badis

Monseigneur Monsieur l’Evêque d’ORAN

Madame Messieurs les élus consulaires

Messieurs les Anciens Combattants

Monsieur le Représentant du service des anciens combattants et victimes de Guerre

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde associatif

Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux et ému de vous accueillir ici, comme le veut la tradition, pour clôturer les cérémonies du 11 novembre.

Comme vous le savez, le 11 novembre est la journée nationale de la commémoration de la Victoire et de la paix, jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de l’hommage à tous les morts pour la France, Français et Algériens. Votre présence à cette cérémonie M. le Wali rehausse l’hommage rendu au sacrifice de nos deux peuples.

Avant de vous lire le message de la Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées,  je voudrais aussi saluer la présence des écoliers français et algériens et souligner l’importance du devoir de mémoire pour les jeunes générations.

Madame Geneviève DARRIEUSSECQ Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées chargée des anciens combattants a souhaité s’adresser à vous à l’occasion du 99ème anniversaire de l’armistice.

=Lecture du message=

« Message de la Secrétaire d’Etat auprès de la ministre des armées

11 novembre 2017

 

Quatre-vingt-dix-neuf années ont passé depuis cette fin de matinée où, ce 11 novembre 1918, à 11h, sur le front, les clairons ont surgi pour sonner le cessez-le-feu. Un conflit de quatre ans et demi s’achevait alors.

C’est aussi le temps du deuil qui commence face aux pertes considérables, tant civiles que militaires. La Grande Guerre a profondément bouleversé les nations européennes, les équilibres mondiaux sont durablement modifiés.

Cette année, nous célébrons plus particulièrement le centenaire de 1917. Après trois ans de conflit, c’est l’année de la « fatigue des peuples » mais aussi le tournant de la guerre. Sur le temps long, elle s’avère déterminante pour le XXème siècle. Ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

D’avril à octobre, le Chemin des Dames a rendu son terrible verdict ; cet échec sanglant affecte le moral des combattants et celui de l’arrière. L’armée française n’est pas seule à se sacrifier. Au prix de lourdes pertes, les Canadiens mènent l’offensive à Vimy, les Britanniques à Passchendaele, les Italiens sont vaincus à Caporetto.

Les Etats-Unis rompent avec l’isolationnisme et s’engagent aux côtés de l’Entente. L’arrivée progressive des soldats américains change le rapport de force et va contribuer à forger la victoire. La mondialisation du conflit s’est intensifiée.

Traversée par deux révolutions, la Russie connaît de profonds bouleversements et signe le 15 décembre un armistice avec l’Allemagne. Cette dernière va pouvoir, en 1918, concentrer toutes ses forces sur le front occidental.

Victimes indirectes de la guerre, des centaines de milliers d’enfants en portent les séquelles et se retrouvent orphelins. Ils grandiront seuls ou au sein de familles incomplètes marquées à jamais par la perte. C’est pour leur permettre de vivre dignement que l’Etat crée le 27 juillet 1917 le statut de « pupille de la Nation ».

Le 16 novembre 1917, il y a presque cent ans, au milieu de la tempête, Georges Clemenceau était appelé à former le gouvernement. Président du conseil et ministre de la guerre, à 76 ans, il appelle à la « guerre intégrale » et remobilise la Nation et les armées avec l’obsession de mener la France à la victoire.

En ce jour du 11 novembre, depuis la loi de 2012, nous rendons hommage à l’ensemble des morts pour la France. A ceux tombés lors des conflits du XXème siècle, à nos frères d’arme algériens des deux guerres mondiales, la Nation reconnaissante rend hommage et perpétue l’indispensable mémoire. »

Je voudrais enfin terminer en soulignant la reconnaissance et le respect que les Français d’Oran portent à tous ceux qui se sont battus durant ce premier conflit mondial. Certains ont fait pour cette cause le sacrifice de leur jeunesse, de leur santé et souvent de leur vie. Ils l’ont fait pour nous assurer un monde meilleur, plus pacifique.

Français et Algériens unis dans le sacrifice.

En votre nom à tous, je les en remercie et les assure de notre reconnaissance et de notre respect.

Vive l’amitié franco-algérienne ! [تحيى الصداقة الفرنسية الجزائرية]

Je vous remercie./.

Décoration d’un vétéran de la bataille de Mers-el-Kébir, à l’occasion de l’escale de la frégate ACONIT à Alger.

Le 18 septembre 2017, l’Ambassadeur de France en Algérie, Monsieur Xavier Driencourt, a remis la Croix du combattant et la Médaille de reconnaissance de la Nation à Monsieur Yahia BRAHIMI, à l’occasion de l’escale de la frégate ACONIT à Alger, en présence de représentants du Service des anciens combattants et victimes de guerre près l’Ambassade de France en Algérie.

En service sur la « Puissante », le second-maitre BRAHIMI s’est notamment illustré durant la tragédie de Mers-el-Kébir (3-6 juillet 1940), en participant personnellement au sauvetage des rescapés du cuirassé « La Bretagne » puis au remorquage du contre-torpilleur « Mogador » en proie aux flammes. A 97 ans, Monsieur BRAHIMI est l’un des rares témoins encore vivant de cette tragédie et il incarne à cet égard un authentique passeur de mémoire pour les nouvelles générations.

 

Quatrième cas : JE SUIS UN(E) DESCENDANT(E) (FILS, FILLE, PETIT-FILS, PETITE FILLE) D’UN ANCIEN COMBATTANT

Mon père est « Mort pour la France » durant un conflit armé : quels sont mes droits ?

Le fait que votre parent soit « Mort pour la France » a ouvert les droits suivants :

Les parents du militaire (mère et père) ont pu bénéficier à compter de l’âge de 55 ou 60 ans, d’une pension d’ascendant. Cet avantage cesse au décès des bénéficiaires et ne peut être reversé aux autres membres de la famille.

De même, sa veuve a du bénéficier, sur sa demande, dès le décès, d’une pension de veuve de guerre. Cet avantage, s’il est aujourd’hui toujours en paiement, a été revalorisé une première fois en 2004 avec un effet rappel à compter du 1er  janvier 1999. Sa pension a été de nouveau multipliée par 4 environ au cours de l’année 2007 pour atteindre aujourd’hui le même montant que celui versé aux veuves de nationalité française. Cette pension était majorée d’une somme forfaitaire pour chacun des enfants du militaire jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de 18 ans.

Il est précisé qu’aucune pension n’est attribuée d’office, mais doit toujours être demandée.

En revanche, le paiement de cette pension cesse au décès de la veuve. Elle ne peut en aucun cas être reversée aux enfants majeurs du militaire.

De plus, dans la mesure où le militaire est actuellement inhumé dans un cimetière militaire français, il bénéficie du droit à la sépulture perpétuelle aux frais de l’Etat français. Ainsi, sa veuve, ses collatéraux (frères, sœurs …) et ses enfants (à l’exclusion de tout autre membre de la famille : petits-enfants, neveux, cousins …) peuvent sur simple demande adressée au :

Service des anciens combattants
près l’ambassade de France en Algérie
B.P. n° 61
16035 Hydra – ALGER
Téléphone : 021 71 90 43
Email : contact@acvg-alger.org

bénéficier de la prise en charge des frais de voyage pour se rendre en pèlerinage sur la tombe du soldat « Mort pour la France ». Il est précisé cependant que ce voyage reste soumis à la délivrance d’un visa par l’autorité consulaire qui reste seule compétente dans ce domaine.

Enfin, la qualité de « Pupille de la Nation » reconnue aux enfants des militaires bénéficiant de la mention « Mort pour la France » ne confère pas de droit à l’acquisition de la nationalité française qui reste soumis aux conditions de droit commun, notamment de résidence en France. En revanche, elle peut ouvrir droit, en tant que besoin, à l’action sociale que le service des anciens combattants met en œuvre en Algérie pour le compte de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre.

Il convient d’adresser une demande au :

Service des anciens combattants
près l’ambassade de France en Algérie
B.P. n° 61
16035 Hydra – ALGER
Téléphone : 021 71 90 43
Fax : 021 71 90 45
Email : contact@acvg-alger.org

Dans quelles conditions puis-je bénéficier de la carte d’orphelin ?

Il est indispensable que votre ascendant (père ou mère) se soit vu reconnaître la qualité de « Mort pour la France », cela suppose qu’il soit mort au combat ou des suites de blessures ou maladies ayant fait l’objet d’une pension militaire d’invalidité.

La demande doit comprendre les pièces suivantes :

  • 1 photographie d’identité avec inscription au verso de votre nom et prénom
  • 1 copie de votre pièce d’identité comportant une photographie d’identité (carte d’identité, permis de conduire, …)
  • 1 fiche familiale d’état-civil rédigée en français et établissant la filiation avec la personne « Mort pour la France »
  • copie de l’attestation établissant la qualité de « Mort pour la France » de votre ascendant

Elle doit être adressée au :

Service des anciens combattants
près l’ambassade de France en Algérie
B.P. n° 61
16035 Hydra – ALGER
Téléphone : 021 71 90 43
Email : contact@acvg-alger.org

Mon père est mort au combat dans les rangs de l’Armée française mais la qualité de « Mort pour la France » ne lui a pas été accordée car une demande en ce sens n’a jamais été présentée à ce jour. Comment faire reconnaître aujourd’hui cette qualité ?

Vous pouvez obtenir une attestation – si les conditions juridiques sont réunies – établissant la qualité de « Mort pour la France ».

Vous devez, pour ce faire, adresser une demande comportant les pièces suivantes :

  • 1 fiche familiale d’état-civil rédigée en français et indiquant le lien de parenté avec le militaire décédé
  • tout document en votre possession permettant d’identifier le militaire (copie du livret militaire, courriers émanant des autorités militaires, …) et précisant les circonstances du décès
  • l’acte de décès du militaire.

Vous devez adresser votre demande au :

Service des anciens combattants
près l’ambassade de France en Algérie
B.P. n° 61
16035 Hydra – ALGER
Téléphone : 021 71 90 43
Email : contact@acvg-alger.org

Mon père (ou mon grand père) était ancien combattant de l’armée française : quels sont mes droits ?

La législation française ne reconnaît aucun droit aux enfants majeurs des anciens combattants, en matière de pension, de visa ou d’acquisition de la nationalité française.

Seules leurs veuves peuvent – sous certaines conditions – bénéficier de pensions de réversion.

Mon père ou ma mère est « Mort(e) pour la France ». Dans quelle mesure puis-je être, aujourd’hui, adopté(e) par la Nation française ?
L’article 70 de la loi du 9 décembre 2004 permet aux orphelins de guerre d’être adoptés par la Nation quelque soit leur âge, dès lors que le décès de leur parent est intervenu avant leur 21ème anniversaire.

Les demandes en l’espèce doivent être adressées au :

Service des anciens combattants
près l’ambassade de France en Algérie
B.P. 61 – 16035 HYDRA – Alger
téléphone : 021 71 90 43
mail : contact@acvg-alger.org

Troisième cas : JE SUIS UNE VICTIME CIVILE DE LA GUERRE

Je suis une victime civile de la guerre d’Algérie : dans quelle mesure puis-je aujourd’hui prétendre à une indemnisation des préjudices que j’ai subis ?

Un dispositif particulier a été mis en place au bénéfice des victimes civiles algériennes de la guerre d’Algérie et qui ont présenté leur demande après le 5 juillet 1962. Il donnait la possibilité de bénéficier d’allocations viagères, jusqu’au 31 décembre 1968

Aucune demande ne peut donc plus être présentée aujourd’hui du fait de cette forclusion.

Je suis titulaire d’une allocation viagère au titre de la guerre d’Algérie : son montant peut-il être révisé ?

Non, le montant des allocations viagères ne peut être révisé.

Il est fixé une fois pour toute et n’est pas concerné par les mesures de revalorisation des pensions militaires entrées en vigueur au 1er janvier 2007 ou au 1er janvier 2011

Mon conjoint était titulaire d’une allocation viagère en tant que victime civile de la guerre d’Algérie : puis-je bénéficier d’une réversion après son décès?

Non. Les allocations viagères versées aux victimes civiles de la guerre d’Algérie ne sont jamais réversibles.

J’ai été victime de préjudices matériels pendant la guerre d’Algérie : puis-je être indemnisé aujourd’hui par la France ?

Non, les accords d’Evian signés entre la France et l’Algérie prévoient que l’indemnisation de tels préjudices est de la compétence exclusive de l’Etat algérien.